une boite, un jardin ….

Ronde et bosselée,
en fer, et décorée,
la jolie boite est là,
par ma Grand-Mère rangée.

Grand-Père l’a fabriquée,
en bas, dans l’atelier,
le fer a ciselé,
d’une image l’a ornée.

C’est une boite à sucre,
toute bête, pensez-vous,
mais c’est qu’elle est remplie
de cinq ans de ma vie.

Elle trônait sur la table
quand je goûtais, petite,
dans la simple cuisine
ouverte sur le jardin.

La fenêtre est ouverte,
je vois le cerisier,
la statue immobile,
moussue, derrière les buis.

La véranda d’été
où pendent les raisins,
c’est une petite vigne
incongrue en ce lieu.

Je vois la poule Sophie,
qui gratte le terrain,
elle ne sait pas, pauvrette,
quelle sera sa fin*.

Ce jardin merveilleux,
plein de fruits et d’odeurs,
dans ce coin de banlieue,
nous l’explorions, heureux !

cerises et mirabelles,
abricots et groseilles,
et puis un trapèze,
près de la petite cave.

groseille à maquereaux,
poires et pêches,
et puis une balançoire,
au milieu de l’allée.

une vielle cabane,
toujours fermée à clef,
et les voisins qui bêchent,
au chaud du potager !

Si j’ai gardé la boite
dans un coin de mon coeur
c’est que, lorsque je l’ouvre,
j’aperçois le bonheur !

Maison de mes grands parents maternels, banlieue parisienne

le jardin d’Ermont

Mes grands parents habitaient en banlieue parisienne, un pavillon dont « papy » avait lui-même fait les plans. La maison était située sur un grand terrain transformé en jardin et en verger..

Lorsque j’eu l’âge d‘y jouer, mon grand-père était mort depuis quelques années, et le jardin, bien que laissé en déserrance , recelait encore mille trésors : des arbres fruitiers, pruniers, cerisiers, abricotier, mirabellier, pommiers, poirier, pêcher… tous leurs fruits nous étaient destinés, hormis quelques uns qui faisaient carrière dans la confiture !
Perchés grâce à la grande échelle ,au creux du “bigarreau”, on se gorgeait jusqu’à la nausée des fruits chauds et juteux.
On pouvait y trouver aussi, rescapées, des groseilles, rouges, blanches, « à maquereaux », des cassis, des fraises , et …. de l’herbe, beaucoup d’herbes, jamais tondues ou presque, dans laquelle nous jouions, nous nous roulions, nous nous çachions, et dont l’odeur, au plein des chaleurs de l’été, me reste en souvenir impérissable.

Partagé en deux par une allée de terre encadrée de deux sévères rangées de buis, cachant d’un côté un poulailler encore habité par la poule Sophie, de l’autre les anciens carrés de légumes laissés à l’abandon, ce jardin était notre pays des merveilles.
Maintenant encore, lorsqu’il fait beau et chaud, j’aime me réveiller la fenêtre grande ouverte sur ces odeurs de foin. Ma pelouse n’est jamais tondue à ras : j’ai besoin de voir et de sentir mon enfance.

il était une fois

comme toute histoire, personnelle ou collective, commence par “il était une fois, je ne déroge pas à la règle.
Mon histoire, celle qui fait que, en cette année de mes soixante ans, je commence à jardiner, à bricoler sur ce coin de terre bourguignonne, commence loin dans mon enfance.
Je vais essayer de me la rappeler, et d’incrire ainsi mes jours présents dans mes jours passés.

donc :

Il était une fois….

Il était une fois … il était une fois… une petite dame arrivant un jour dans un coin de campagne, bien heureuse d’avoir pu acquérir une bicoque et un coin de terre, au fin fond d’une cambrousse reculée, loin, mais bien loin, du bitume, asphalte et autre béton de ses banlieues d’origine.
Elle était contente, la dame, elle a pris son temps !
Son temps pour faire la connaissance de son jardin,
Son temps pour connaître ses voisins,
Son temps pour apprendre à aimer la musique des quatre saisons de la campagne, les chants des oiseaux, reconnaître leurs plumages, s’apercevoir que chaque mois, chaque semaine, chaque jour, apportait au quotidien son lot de nouveautés, nouveautés parfois belles et grandes, comme l’habillage d ‘été des grands bouleaux, qui commence dès le printemps, ou bien petits, tout simple, comme l’apparition des fleurs de pissenlit, des modestes coucous, ou celle des champignons l’automne venant, nouveautés insolites celle de l’écureuil venant « voler » les noix, ou celle des hirondelles essayant de « squatter » une poutre de la salle à manger.
Le jardin était une mine de découvertes.

Malgré qu’elle ait vécu la plupart du temps en ville, dans des appartements plus ou moins confortables, plus ou moins bien «aérés », elle avait toujours aimé la courses des nuages dans le ciel, jamais cachés par de stupides rideaux : elle aimait le spectacle qui lui restait : le ciel, changeant, gris ou bleu, gai ou triste, toujours synonyme de liberté.
Parfois une jardinière sur le balcon ajoutait une touche de couleur au train-train ennuyeux des jours,

Le rire des enfants sont aussi des fleurs…. Elle n’en manqua pas.

Mais ce qui marqua « la dame », c’est-à-dire moi, ce qui fit trace profonde, dans mon enfance d’enfant des cités, fut le jardin des mes grands-parents.

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